Crise migratoire en Amérique centrale

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Caravane de migrants du Honduras
Description de cette image, également commentée ci-après
Passage en 2013 de migrants à travers la barrière entre les États-Unis et le Mexique

Date Depuis le
(2 mois)
Lieu Drapeau du Honduras Honduras
Drapeau du Salvador Salvador
Drapeau du Guatemala Guatemala
Drapeau du Mexique Mexique
Drapeau des États-Unis États-Unis
Cause Pauvreté, criminalité, corruption au Salvador, Guatemala et au Honduras
Résultat En cours
Chronologie
Départ de la caravane depuis San Pedro Sula (Drapeau du Honduras Honduras).
Passage de la frontière entre le Guatemala et le Mexique.
Fermeture pendant plusieures heures du poste-frontière de San Ysidro suite à l'afflux de migrants aux abords de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Une crise migratoire en Amérique centrale, aussi connue sous le nom de caravanes de migrants, est provoquée lors de la Pâques 2017 et de nouveau, de la Pâques 2018, par Pueblo Sin Fronteras (en), une organisation basée en Amérique du Nord qui appelle à l'ouverture des frontières. L'organisation fait se déplacer des milliers de réfugiés du Honduras vers la frontière des États-Unis.

En octobre 2018, une nouvelle caravane est lancée, avec le soutien indirect de Pueblo Sin Fronteras. L'affaire, en pleine campagne électorale avant les élections de mi-mandat, provoque une réaction de la part de l'administration Trump qui déploie 5200 soldats sur la frontière, en plus des 2100 de la garde nationale déjà présents.

Crise au Honduras

Le Honduras est l'un des pays les plus pauvres et le plus violent de l'Amérique centrale[1].

Le pays a connu un coup d'État en 2009.

La ville de San Pedro Sula, d'où sont partis les migrants, a enregistré des records mondiaux pour son taux d'homicides[2]. En avril 2013, la localité, gangrénée par le gang Mara 18, a été désignée comme étant la ville la plus dangereuse du monde, ville où l'insécurité est la plus forte, avec un taux d'homicides de 171,20 pour 100 000 habitants[3].

Le Honduras est l'un des pays les plus inégalitaires au monde[4] et le taux de pauvreté s’élève à 64,3 % en 2018[5].

Selon l'analyste Christophe Ventura, « Pris en étau entre pauvreté extrême et ultraviolence, de plus en plus de Honduriens choisissent de fuir leur pays, poussés par le désespoir le plus extrême ». Un responsable politique hondurien d'opposition considère en effet que les migrants « ne courent pas après le rêve américain, ils fuient le cauchemar hondurien »[5].

Formation de la caravane

Le trajet de la caravane en 2018.

La majorité de la caravane s'est réunie le à San Pedro Sula au Honduras, pour fuir le pays en vue de rejoindre les États-Unis[1]. La caravane est formée majoritairement de Honduriens, mais aussi de Salvadoriens[1].

Situation au Guatemala

Article détaillé : Triangle du Nord.
Les trois pays du Triangle du Nord avec,dans le petit triangle, le tripoint.

Les trois pays (Salvador, le Guatemala et le Honduras) constituent l'une des zones, hors guerre, les plus meurtrières au monde avec un taux de morts violentes extrêmement élevé. Selon les chiffres des Nations unies, il y avait en 2011, 39 homicides pour 100 000 habitants au Guatemala, 69 au Salvador et 92 au Honduras[6],[7].

Des Guatémaltèques rejoignent la caravane après le passage de la frontière entre le Guatemala et le Honduras[1].

Passage de la frontière entre le Guatemala et le Mexique

Le , des milliers de migrants ont traversé la frontière entre le Guatemala le Mexique[1]. Ils ont traversé le fleuve Suchiate.

Un millier d'entre eux ont été bloqués sur un pont[1]. Certains sont passés à la nage, d'autres ont formé une chaîne humaine. Les gardes frontières empêchant leur avancée, il y a eu des jets de pierres et plusieurs morts et blessés à la suite de ces heurts.[8].

Conséquences aux États-Unis

Au niveau politique

Article détaillé : Élections américaines de 2018.
Donald Trump en campagne dans l'Arizona pour soutenir Martha McSally et Doug Doucey, le 19 octobre 2018.

Les États-Unis sont en pleine période de campagne électorale, dans le cadre des élections de mi-mandat, en vue de renouveler le Sénat et le Congrès. L'élection s'est déroulée le .

La fin de la campagne est marquée par le thème de l'immigration, avec le voyage d'une caravane de plusieurs milliers de migrants honduriens à travers le Mexique pour rejoindre les États-Unis, et la formation d'une autre caravane d'un millier de migrants au Guatemala qui semble vouloir prendre le même chemin, dont Donald Trump se sert comme argument afin de mobiliser l'électorat républicain[9]. Le président évoquant "un assaut" contre les États-Unis, accusant "le Parti démocrate [d']encourag[er] des millions d'étrangers illégaux à enfreindre nos lois et violer nos frontières et submerger notre pays", et avançant (sans apporter de preuves) que des terroristes du Moyen-Orient et des membres du gang salvadoriens ultra-violent MS-13 auraient infiltré la caravane hondurienne[9]. Son vice-président Mike Pence accuse lui le gouvernement vénézuélien d'extrême-gauche et des groupes politiques honduriens de gauche d'avoir organisé les caravanes[9]. Il est à noter que l'immigration clandestine est une des principales préoccupations politiques des électeurs républicains alors qu'elle est l'une des moins importantes pour les électeurs démocrates[9].

Le , Donald Trump réaffirme vouloir mettre fin au droit du sol[10].

Le , le rapporteur suisse de l'ONU, le Zurichois Nils Melzer s'en prend aux États-Unis dans une lettre ouverte et rappelle que les Américains doivent se conformer au droit international sur les migrants qui se dirigent du Mexique vers les États-Unis. Il dénonce la militarisation de cette question[11].

Actions menées

Donald Trump a annoncé la venue de 5 000 soldats à la frontière entre les États-Unis et le Mexique[12].

En octobre 2018, les États-Unis annoncent réduire l'aide économique accordée au Honduras, lui reprochant de ne pas suffisamment agir contre l'émigration. La décision pourrait avoir de lourdes conséquences pour le Honduras : « Le pays, qui exporte très peu, ne sera pas en mesure de défendre sa souveraineté politique et économique », souligne l'analyste Christophe Ventura, qui parle de « cercle vicieux » ; « La ligne défendue par Donald Trump est de continuer à sous-traiter la gestion des migrations aux pays d’origine, sans aider à résorber les problèmes sociaux qui engendrent ces situations de détresse et poussent les gens à l’exil[5]. »

Le 25 novembre 2018, le poste-frontière de San Ysidro est fermé pendant plusieures heures suite à l'afflux de migrants à la frontière[13].

Conséquences au Mexique

En septembre 2018, Andrés Manuel López Obrador, déclare notamment que « nous allons convaincre les États-Unis que le problème migratoire ne se résout pas en construisant des murs ou en utilisant la force, c’est un travail diplomatique fait de respect, nous n’allons pas nous battre avec le gouvernement des États-Unis, nous n’allons pas nous battre avec le président Donald Trump »[14].

Le Mexique est pris en étau entre les migrants et l’administration Trump. La situation est tendue entre les villes de Tijuana et de San Diego, où des centaines de migrants tentent de franchir la frontière et la colère s'accentue dans la population locale.

Le maire de Tijuana, Juan Manuel Gastelum, déclare de son côté une crise humanitaire. Il dit également que « nous ne disposons pas des infrastructures nécessaires pour aider ces gens, pour leur offrir un espace décent »[15].

Dans la culture

Notes et références

  1. a b c d e et f « Cause des départs du honduras », sur ouest-france.fr, (consulté le 31 octobre 2018).
  2. Dans l'enfer de San Pedro Sula, la ville la plus violente au monde, atlantico.fr, 12 décembre 2013
  3. http://www.boston.com/bigpicture/2013/04/most_dangerous_city_san_pedro.html
  4. (es) Mundo, « ¿Cuáles son los 6 países más desiguales de América Latina? », sur BBC News Mundo (consulté le 2 novembre 2018)
  5. a b et c « Le Honduras, un pays « pris en étau entre pauvreté extrême et ultraviolence » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  6. « Transnational Organized Crime in Central America and the Caribben: A Threat Assessment », sur United Nations Office on Drugs and Crime.
  7. (es) « Centroamérica se desangra por aumento de la violencia », Prensa Libre,‎ (lire en ligne).
  8. « Arrêt temporaire au Mexique », sur lefigaro.fr, (consulté le 31 octobre 2018).
  9. a b c et d « Face à la "caravane" de migrants, Trump tente de galvaniser son électorat », sur france24.com, (consulté le 24 octobre 2018).
  10. « Trump remet en cause le droit du sol aux USA », sur ouest-france.fr, (consulté le 31 octobre 2018).
  11. https://www.tdg.ch/monde/rapporteur-suisse-onu-sen-prend-usa/story/14841806
  12. « Mise en garde de Trump », sur francais.rt.com, (consulté le 31 octobre 2018).
  13. http://www.latimes.com/local/lanow/la-me-ln-border-crossing-20181125-story.html
  14. https://www.tdg.ch/monde/ameriques/mexique-pris-etau-migrants-administration-trump/story/11424776
  15. https://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201811/23/01-5205361-migrants-le-maire-de-tijuana-declare-une-crise-humanitaire.php

Articles connexes